10 – Les premières fois de Sublimette.

Comme toute Non-Maman en congé maternité, après quelques semaines déconnectantes au Brésil, vous voilà replongée dans les méandres de la vie réelle.

Et vous vivez ces derniers temps un paquet de premières fois.

Votre Premier Livret de famille.

Un tas de bouts de papiers reliés qui était sensé être du pur administratif, et qui, au fil des jours devint un passeport pour la justification de votre perte.

Vous aviez donc envie de vite le recevoir.
Évidemment, comme rien ne vous sera épargné, il vous aura fallu 3 mois et 14 coups de téléphone pour retrouver sa trace.
La dame de l’état civil du 11eme (lieu de naissance de votre fille) l’a envoyé à la dame de l’état civil de Valence (votre lieu de naissance), qui l’envoya à la dame de l’état civil de Strasbourg (lieu de naissance de l’ex-Père de votre Enfant) qui le perdit.
Le monsieur de l’état civil du 20eme (votre lieu de résidence) vous expliqua que dans ces conditions, il fallait refaire une demande avec le formulaire X33 .
Vous lui avez expliqué où il pouvait se ranger son X33.
Il vous a rétorqué que si vous n’aviez pas votre livret de famille pour votre premier enfant, vous ne pourriez pas inscrire un futur deuxième, alors que bon, le X33 vous alliez le remplir.
Vous vous êtes mise à pleurer.
Il vous a rappelé en fin de journée pour vous dire qu’il avait fait du «ménage» et qu’il avait retrouvé par «hasard» votre livret de famille dans un «carton».
Vous aviez envie de lui d’aller se faire enculer à sec avec des graviers.
Mais, raisonnable, vous lui avez gentiment demandé de vous l’envoyer.

Quand vous avez ouvert votre livret de famille à la page Premier Enfant, vide, l’acte de décès n°72 complété en bas, vous avez vraiment réalisé à quel point votre petite fille allait vous manquer toute votre vie.

Votre Premier retour de couches.

Vous les avez attendues comme une ado, ces  premières règles qui allaient refaire de vous une femme, une vraie.
Vous pensiez que  vous alliez vous sentir mieux, que c’était le top départ d’un nouveau départ.
Vous en avez eu pour votre argent.
Crampes et hémorragie, vous avez agonisé pendant 3 jours sur le canapé, implorant du spasfon.
Voilà maintenant c’est fait, vous pouvez re-ovuler.
Voilà,maintenant c’est fait, vous n’êtes définitivement plus enceinte. 

Votre Premier mensonge.

Ça s’est passé un dimanche matin, dans les rues de votre village d’enfance.
Vous avez croisé votre ancienne maîtresse d’école.
Après les effusions de rigueur,elle vous a posé La question.
Celle que vous redoutiez depuis des semaines.
« Alors Sublimette, tu as des enfants ? »
Vous avez ouvert la bouche et vous avez retenu la réponse.
On répond quoi à une quasi inconnue ?
Un grand sourire et :
« Non, je n’ai pas encore d’enfant. »

Renier l’existence de votre petite fille vous a arraché la bouche.
Mais que faire d’autre ?
Dire oui et devoir expliquer le pourquoi du comment ?
« Oui, mais non, enfin j’étais enceinte, mais mon bébé est mort, alors oui, j’ai une petite fille, mais non, je n’ai pas d’enfant ...« 
Ou dire non et passer à autre chose…
Voilà, ça va être ça votre nouvelle vie.
Toujours hésiter entre le OUI-qui met mal à l’aise et le NON-mensonge.

Votre Première fois de toxico en manque.

Vous avez passé ces dernières semaines à vous gaver de cachetons que votre Docteur des Pieds vous a prescrit.
1 pour être dynamique,1 pour ne pas vous tailler les veines ,1 pour dormir.
Le tout arrosé de cabernet sauvignon et accessoirement de marijuana.
Un mélange somme toute bénéfique puisque vous vous sentez de mieux en mieux (la fameuse étape 4)

Forte de ce regain d’enthousiasme pour la vie, vous avez décidé, à la fin de votre plaquette de somnifères, de tout arrêter.
2 nuits blanches, c’est tout ce que vous avez pu tenir.
Vous vous étiez habituée à vous endormir sans penser.
Intenable.
Vous arrivez donc ventre à terre et épuisée de fatigue à la pharmacie la plus proche de la maison de vos parents, avec votre ordonnance valable 3 mois.
Regard dédaigneux de la pharmacienne.
Impossible de vous vendre quoi que ce soit, pour les opiacés, c’est une ordonnance par mois.
Vous lui expliquez qu’à Paris, votre ordonnance marche.
Elle vous explique qu’à Paris on peut se déchirer aux frais de la sécu, mais pas en province.

C’est là que vous avez fait un truc dont vous ne vous saviez pas capable.
Vous avez supplié.
D’abord gentiment, puis en larmes, puis vous vous êtes énervée, puis vous avez menacé.
La pharmacienne à appeler sa supérieure qui décida d’appeler votre Docteur des Pieds, qui n’était pas dispo.
Fin de la discussion, vous n’aurez droit à rien.
Vous avez donc rappelé votre psy chez elle à 20H30, pour retourner le lendemain, telle une droguée va chez son dealer, chercher votre dose, que la pharmacienne a consentie à vous vendre,après le coup de fil rassurant de votre médecin, mais uniquement une plaquette de 7 cachets, sous réserve que vous vous rendiez fissa à Paris chez votre Docteur des Pieds pour avoir le reste.
Humiliation, c’est le mot que vous cherchez.

 

C’est à ce moment-là de votre périple, à ce moment-là de votre vie, là, juste devant la pharmacie, après tant de difficultés pour tomber enceinte, après tant de sacrifices, de fatigue et de gerboulades pendant votre grossesse, après tant de douleur pendant votre accouchement, après tant de déformation de votre corps et tant de baisse d’estime de soi, après tant de souffrance qui vous broie les tripes ces 3 derniers mois, après tant d’incertitudes sur votre avenir et surtout sur la femme que vous êtes en train de devenir, c’est à ce moment-là, avec votre boite de cachetons qui vous font tenir le coup à la main, que vous vous êtes demandé pour la première fois de votre vie comment vous avez pu en arriver là.
Où vous avez trouvé la force pour y arriver.

 
Comment la nana de 25 ans, célibataire en escarpins, qui pensait que la vie était juste une grosse éclate et que tout était possible, qu’il suffisait juste de se baisser pour ramasser,qui aimait rire, danser, sortir, manger,tawiner,voyager,se faire belle et vivre, a pu se transformer en ça.
En une nana de 31 ans aux cheveux gras,au soutien-gorge jauni, en jean moulant sa graisse,T-shirt trop large et ugg crados, qui supplie une pharmacienne pour un somnifère.

Alors, dans un élan de positivisme qui subsiste et qui vous a toujours caractérisé, vous vous êtes dit que ça aurait pu être pire.
Vous auriez pu être Iranienne, violée/voilée, mariée de force à un monsieur poilu de trois fois votre âge.

Et du coup, tous vos soucis se transforment en problèmes de bourgeoise.

Cela dit,avec le voile, vous auriez pu au moins cacher vos cheveux gras.

 

 

9 – L’étape 3 de Sublimette.

Comme toute ex-Future Mère de Famille qui se respecte,vous traversez vaillamment les différentes étapes de la progression du deuil, expliquées dans votre Guide de la Parfaite Femme en Deuil Périnatal.
Vous arrivez à l’étape 3.
Vous avez vidé et loué votre appartement d’ex-Célibataire Parisienne en Escarpins, entassé votre vie dans la cave et dispatché votre nécessaire de survie dans la tanière de l’ex-Père de Votre Enfant.
Ce dernier vous a élégamment fait remarqué, en regardant autour de lui vos petites culottes et cartons de produits de beauté, qu’AVANT il avait un appartement, MAINTENANT, il a une femme.
Notons, ironie du sort, que son appartement, quand bien même est-il un loft moderne avec terrasse, est situé en banlieue. Ce qui fait fi du même coup de vos Principes de Vie n°1 et n°5 .
Vous avez de toute façon depuis quelques semaines mis les voiles au Brésil,chez votre BB Frère (25 ans), fraichement marié à Beautiful Sister, (bombe bresilienne taille 34).
Vous avez tout de suite compris que votre Petite Maman a laissé des consignes strictes à BB Frère pour sa grande soeur : 
Lui aussi vous confie des petites-missions-anti-taillage-de-veines (nettoyer ses caleçons, faire les courses… ), a retiré la javel et les rasoirs des placards, ne vous laisse jamais seule, et vous sors régulièrement.
Donc, si vous résumez, sur les 5 étapes de la progression du deuil périnatal à suivre, vous en avez franchi 3, il ne vous en reste plus que 2.
Vous avez presque l’impression de faire partie des Alcooliques Anonymes.

La première étape : le choc et le déni.
Un soir de février, vous apprenez que votre bébé est mort. 
Vous êtes en état de choc. 
Vous avez  juste  l’impression d’être dans un mauvais rêve, que vous allez vous réveiller,vous refusez de croire ce qui vous arrive. 
Le déni, un mécanisme de défense qui permet de rester en contrôle de la situation.

La deuxième étape : la désorganisation.
La  plus difficile à franchir.
Une fois rentrée chez vous après un accouchement atroce et après une semaine de flottement, vous avez réalisé pleinement le bordel.
Le vide qui vous habite est intolérable et très angoissant. 
Les tâches habituelles du quotidien (faire le plein, réserver un billet de train, manger, se coiffer …) paraissent impossible.
Vous êtes autant affectée psychologiquement (l’impression de devenir folle) que physiquement (le fameux post-partum, vraiment sympa à se coltiner)
Vous ressentez plein d’émotions différentes comme la colère (putain, pourquoi ?) ou la culpabilité (qu’ai-je fait de mal ?) . 
Parfois, vous avez même ressenti le désir d’aller rejoindre votre fille.
Vous avez besoin de parler et de penser à votre bébé, de vous le rappeler, d’être empreint de son souvenir.
Vous ne pouvez pas dormir sans son petit lapin blanc, acheté quelques jours avant de savoir, de regarder les photos des echographies et le petit carton avec ses empreintes de pieds.
Apparemment, vous n’êtes pas folle, cette attitude est saine et est nécessaire, afin de vous aider à cheminer et à apprendre à vous détacher petit à petit de ces souvenirs.

La troisième étape : La réorganisation.
Dés votre arrivée à Sao Paulo, vous avez commencé à être mieux.
Partir au Brésil étant une judicieuse décision, vous aviez besoin d’être seule et de porter des robes (le jean étant réellement boudinant quand on a 10 kilos de grossesse à perdre)
Vous dormez de vraies nuits de 10h,sans cauchemars, vous avez presque l’impression de vous reapproprié votre corps (et votre cerveaux).
La vie reprend son cours tout doucement.
Les périodes de souffrance sont moins fréquentes et moins intenses.
Vous réussissez à penser au bébé sans pleurer et même à passer de longs moments à ne pas y penser.
Vous ressentez tout de même  une certaine culpabilité face à cet « oubli » du bébé. 
Vous attendez donc avec beaucoup d’impatience l’étape 4, la réappropriation (vous allez recommencer à élaborer des projets) suivie de l‘étape 5, la transformation (en gros, la guérison).
Toujours selon votre guide de la parfaite femme en deuil périnatal, vous en avez pour 6 mois minimum à tirer.
Espérons que le temps passe vite …

8 – Les questions de Sublimette.

Comme toute femme qui  se retrouve avec plus rien à faire, vous avez beaucoup de temps pour penser.
Votre tête explose de questions auxquelles vous cherchez des réponses qui sont censées vous apaiser.

Quel est votre droit à la douleur ?
Vous êtes malheureuse certes,
Mais avez-vous le droit d’être plus malheureuse qu’une femme qui perd son enfant à 6, 7, 8 mois de grossesse ?
Vous avez le droit d’être plus malheureuse qu’une femme qui fait une fausse couche à 1 mois de grossesse, mais moins qu’une femme qui perd son enfant de 5 mois de la mort subite du nourrisson ?
Vous avez du mal à quantifier cette proportion à la souffrance.

Où est-elle maintenant ?
Sur le papier, vous savez où elle est physiquement.
Son papa et vous avez décidé qu’après l’autopsie, vous donniez son corps à la science.
Une option qui vous a apporté un peu de paix.
Pas tout ça pour rien.
Mais vous voilà aujourd’hui bloquée.
Vous, si profondément athée, regrettez de ne pas avoir de Paradis auquel croire ou de Dieu à prier.
Parce que c’est dur de savoir qu’il n’y a plus rien après.
Et que c’est plus facile d’imaginer une sorte d’endroit sympa .
Vous comprenez mieux aujourd’hui le soulagement de la  foi.
La vôtre est perdue depuis bien longtemps et vous le regrettez, vous auriez bien aimé avoir un pote de galère comme Dieu pour vous  confier.

Comment allez-vous réussir à voir un autre enfant après tout ça ?
Déjà en terme technique, bien que vous vous sentiez vide et que vous auriez envie de réparer ça sur-le-champ, quand vous regardez votre corps en bouille devant la glace ou quand vous vous remémorez l’atroce épreuve du speculum lors de votre dernier check up chez votre Sage Femme (vous avez terminé en larmes sur les genoux du-dit sage femme) vous vous dites que c’est pas gagné d’avance.
Mais au-delà de ça, comment faire d’un futur enfant un premier enfant et pas un enfant de remplacement ?
Et puis comment vivre une grossesse normale, sans passer 9 mois à trembler de peur ?

Vous et l’ex-Père de Votre Enfant allez vous réussir à vous sortir de toute cette merde ?
Lui vous dit que vous allez avoir un futur enfant,
Vous lui dites que vous aurez un autre enfant.
C’est là toute la limite entre les hommes et les femmes.
Lui veut tourner la page et passer à autre chose ,
Vous, vous dites que passer à autre chose est incorrect.
Vous passez des heures à parler de tout ça, de tout ce merdier dans lequel vous ne pouvez pas vous extirper.
Vous ne l’aidez pas à oublier,
Lui ne vous aide pas à faire votre deuil.
De tous les hommes qui ont traversé votre vie, jamais vous n’avez été aussi dépendante, aussi étroitement liée par une histoire commune, un évènement commun aussi tragique.
Pourtant, vous avez cette curieuse et désagréable impression que vous êtes seule, puisqu’il vit les choses si différemment que vous.
Vous comprenez aujourd’hui pourquoi toutes les femmes qui ont vécu ce que vous vivez vous ont toutes dit la même chose : ça passe ou ça casse.
Ça passera, vous en êtes convaincue, mais ça va prendre du temps.

La culpabilité qui vous ronge va-t-elle s’atténuer un jour ?
Vous avez arrêté de fumer, de boire, de sortir, de travailler, de manger de la charcuterie…
Vous avez passé des jours entiers au lit à avoir envie de vomir, des nuits insomniaques mal installée à cause de votre ventre.
Et vous auriez tenu 4 mois de plus sans problème, puisqu’il le fallait.
Vous avez tout fait comme il faut.
Vous n’avez rien senti de ce que se passait dans votre ventre.
Vous ne vous êtes rendu compte de rien.
Vous ne comprenez pas.
Pourquoi ?

Allez vous ressembler à toutes ces femmes de tous ces blogs/forums/sites, qui des années après, reparlent de leurs drames comme si la douleur ne s’était jamais atténuée ?
Vous avez envie de croire que non, ça ne vous ressemble pas vraiment;

 

 

En même temps,
rien ne vous ressemble vraiment en ce moment.

7- Sublimette, the funky girl.

Comme toute maman ayant accouché d’un enfant né sans vie à 22 semaines, vous avez droit, selon la législation, à vos 16 semaines de congé maternité auquel vous vous accrochez farouchement.

Pas par envie, vous auriez préféré dans l’absolu reprendre le travail et une vie plus ou moins normale.
Mais par principe.
Vous avez eu droit à un vrai et douloureux accouchement, vous avez sorti de votre ventre un vrai bébé.

Et vous avez besoin de temps pour réparer votre corps en bouillie.

Vous vous êtes retranchée chez vos parents, et vous constatez que vous devez vraiment avoir l’air d’aller mal, car les gens vous confient au quotidien des petites missions inhabituelles pour ne pas vous tailler les veines.
Votre maman vous demande de trier toutes les chaussettes, votre papa de trier toutes ses factures depuis janvier 2003, votre grand mère insiste pour que vous appreniez à faire une tarte aux poires.

Vos journées passent dans une torpeur ankylosante.
Vous les consacrez à l’administratif immonde.
Cpam, Caf, mutuelle, mairie,  tous les organismes vous demandent et redemandent des démarches qui vous laissent dans des colères folles.
Envoyer des copies d’acte de naissance, de certificat d’accouchement, les renvoyer, rappeler 6 fois la dame, pleurer au téléphone, rappeler le boulot pour les attestations de salaires…

Bien prouver que vous avez accouché.
Bien prouver que votre enfant est né sans vie.

Vous avez appris à manipuler savamment le Stilnox/Lexomil/alcool, et après plusieurs jours d’essai, vous avez convenu avec vous même que le mieux est un Lexo au réveil, 3 verres de rouges vers 19 h et un Stilnox juste avant de se coucher.
On a tous une béquille…

Répondre aux mails et textos vous demande un effort que vous n’avez pas envie de fournir, sourire vous fait chier, et dire que vous n’êtes pas bien vous emmerde.
Vous n’êtes finalement aimable que pétée.

Vos nuits sont effrayantes de cauchemars plus angoissants les uns que les autres.
Vous abandonnez une jeune fille sans défense à une horde de vampires sanguinaires;
Un bébé tombe dans votre lit et quelques minutes plus tard, sa maman vient vous l’arracher des mains;
Vous êtes dans une ville où tous les gens meurent autour de vous et vous êtes la seule à en réchapper;
Et la spéciale trauma:
Vous accouchez seule et en panique dans des toilettes publiques.
Inutile de payer 80 euros les 15 minutes à votre Docteur des Pieds pour psychanalyser tout ça.

Vous vous refaites sans arrêt le film des derniers jours avant la fin, vous demandant comment vous n’avez rien vu, rien senti, rien compris.
Comment l’ex Père de Votre Enfant a posé sa main sur votre ventre la dernière soirée en vous disant: «Je suis heureux».

Parfois, la douleur est tellement forte, qu’elle vous fait mal physiquement.
Vous auriez envie de vous casser un doigt pour atténuer la souffrance.
Quand vous êtes seule, vous vous octroyez des plages de pleurs assez violentes, et là, vous vous dites qu’il va bien falloir réussir à continuer.
L’essentiel étant que vous croyez en vous, vous savez que des jours plus heureux vous attendent.

En attendant,on ne peut pas dire que vous soyez la gonzesse la plus funky du moment…

6 – Sublimette, ex femme enceinte.

Comme toute ex-femme enceinte qui se respecte, vous n’aviez pas bien prévu qu’après avoir eu un bébé, vous alliez avoir un nouveau corps.

Vous avez quitté la clinique dans un étrange état d’apaisement.
Vous êtes rentrée chez vous mettre en ordre vos affaires, envoyer quelques mails pour prévenir votre entourage que vous allez plus ou moins bien et décider de partir dans votre spa habituel avec l’ex Père de Votre Enfant.

Vous êtes surprise de prendre aussi bien les choses.
En fait, vous  êtes juste en train de connaître le bénéfique effet du mélange Stilnox/Lexomil qu’on vous donne.

 

Devant la grande glace de la salle de bain de la très luxueuse chambre de votre hôtel  4 étoiles, vous vous êtes déshabillée et regardée pour la première fois depuis votre accouchement.

C’est là que vous avez pris conscience de la putain d’injustice que vous êtes en train de vivre.

Tous les stigmates de la grossesse, sans enfant à tenir dans ses bras.

Votre arrogante poitrine s’est transformée en 2 mamelles prêtent à nourrir.
14 kilos de graisses gondolent vos cuisses.
Vos cheveux tombent par poignée.
Votre utérus se contracte, laissant s’échapper des litres de sang.
Votre ventre est vide, dégonflé.
Une grande marque marron descend de votre nombril.

Vous enfilez courageusement votre maillot de bain pour descendre à la piscine.
Inutile de préciser que partir dans un spa 3 jours après son accouchement est de loin l’idée la moins brillante de votre vie.

Allongée sur les chaises longues, emmitouflée dans votre peignoir de bain, vous cachez tant bien que mal ce nouveau corps qui vous dégoute.

Par les grandes baies vitrées, vous regardez la neige tomber dehors.

Les autres clients nagent, sortent du hammam, rient, discutent.
Vous êtes surprise de voir à quel point autour de vous les gens sont normalement heureux.
Savent-ils à quel point vous êtes incroyablement triste ?
Savent-ils que vous étiez jute 3 jours avant en train de donner la vie à rien ?

Vous comprenez qu’il va vous falloir beaucoup de champagne, beaucoup de Cabernet Sauvignon, beaucoup de cigarettes, beaucoup de Marijuana, beaucoup de mélanges Stilnox/Lexomil, beaucoup de miles et d’heures d’avion et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup de larmes pour oublier.

 

Vous n’avez pas encore compris que vous n’allez jamais oublier.

5 – Sublimette et sa spéciale dédicace à l’inventeur de la péridurale.

Comme toute femme venant d’accoucher d’un enfant né sans vie qui se respecte, il vous faut quelques jours pour réaliser ce qu’il vient de vous arriver.

Après un week-end douloureux, vous êtes rentrée chez vous le ventre dégonflé et une séduisante culotte en résille blanche garnie d’énormes serviettes hygiéniques que seules les femmes venant de mettre bas peuvent connaître.

Vous essayez de vous remémorer les derniers jours.

De jeudi soir à lundi matin.

Une sorte de grand trou béant dans votre Ical.

Une centaine d’heures, c’est rien à l’échelle d’une vie.

 

Votre corps porte les traces de ce qu’on vous a fait:

Un énorme bleu sur votre bras droit : une perfusion qui a mal tournée.

Des piqures qui grattent sur le haut de votre fesse et sur votre cuisse : des injections de morphine libératrices.

Deux grosses cernes  marrons sous les yeux : la fatigue et le manque de sommeil.

Une petite bosse dans le dos : l’emplacement de la péridurale.

Un curieux  hématome qui a l’air de s’être formé à l’intérieur de votre ventre : l’obstétricien qui vous a fouillé.

Des litres et des litres de sang qui s’échappent : la fin définitive de votre grossesse.

 

Le Père de Votre ex-Enfant, plus que présent et à la limite de l’héroïsme pendant ce week-end, prend le temps de répondre à vos questions, de vous raconter, de vous rappeler, de vous détailler.

Vous avez besoin de vous souvenir.

 

On vous a donc renvoyé tous les deux chez vous le jeudi soir avec une boite de Stilnox pour passer la nuit.

Et vous êtes retournés à la maternité le lendemain pour commencer la  « procédure ».

 

On vous a demandé si vous vouliez voir votre enfant après.

Le Père de Votre ex-Enfant a été catégorique, non.

Vous, vous ne saviez pas si vous auriez la force.

Alors vous avez demandé à le voir là maintenant à l’échographie.

En fait, une idée germait dans votre tête.

Ils se sont trompés et votre bébé est bel et bien en vie.

 

C’était une petite fille.

Et quand vous l’avez vu à l’écran toute enroulée sur elle-même, ne bougeant pas, si fragile, vous avez compris que oui, elle ne vivait plus.

 

On a commencé à vous parler des différentes étapes de la  » procédure » jusqu’à « l’expulsion« 

C’est à ce moment que vous avez compris que par « procédure » et « expulsion », on voulait dire « accouchement ».

 

On vous a donné 2 petits cachets blancs, pour provoquer des contractions.

C’est là toute l’ironie de l’histoire.

5 mois de grossesse à  refuser même un malheureux spasfon et on vous demande de prendre un truc qui va abimer votre bébé.

 

On vous a demandé si vous vouliez déclarer votre bébé, lui donner un nom, l’inscrire sur votre livret de famille.

Vous n’en saviez foutrement rien.

 

On vous a dit que vous ne serait pas obligé de souffrir, que vous pourriez avoir une péridurale.

Vous avez refusé net.

Il vous semblait naturel de souffrir.

Vous deviez être punie.

 

On vous a hospitalisé.

A l’étage maternité, comme une maman normale.

On vous a  enfoncé des bâtonnets pour dilater le col de votre utérus.

Et on vous a dit d’attendre.

On vous a fouillé, piqué, manipulé, shooté.

Votre vagin a été un open-bar pendant tout le week-end.

Apparemment, seule la femme de ménage ne vous a pas mis deux doigts.

 

Et puis, le dimanche matin, après deux longues journées d’attente, elles sont arrivées.

Les contractions.

D’une violence insoutenable.

D’un seul coup, votre corps se tordait de douleur.

Toutes les 6 secondes.

À titre comparatif, pour vous, Messieurs qui lisez ce blog, pensez à une pince qui tordrait votre boule gauche pendant 13 secondes et qui vous laisserait 6 secondes de répit.

 

Là vous avez eu très peur.

Effroyablement peur.

Vous vous êtes dit que vous alliez mourir.

 

Il était temps de monter au plateau technique.

Et de vous faire une péridurale.

Parce que c’était trop dur pour vous.

Le Père de Votre ex-Enfant, comptait avec vous les 13 secondes de souffrance toutes les 6 secondes, en attendant les longues, longues minutes jusqu’à l’arrivée de l’anesthésiste.

 

Vous avez eu peur que l’aiguille vous transperce la colonne.

Et puis en quelques secondes, plus rien.

Plus aucune sensation.

Juste la peur.

Tout s’est passé très vite ou très lentement, vous ne savez plus.

Le Père de Votre ex-Enfant  vous tenait la main.

Vous avez senti l’équipe médicale s’afférait autour de vous, l’obstétricien vous fouiller, l’anesthésiste vous tenir l’autre main.

 

- Voilà, Sublimette, c’est fini, tout c’est bien passé.

- J’ai le droit de pleurer maintenant ?

- Oui.

 

Vous avez eu une envie viscérale de voir votre petite fille.

Le Père de Votre ex-Enfant  est resté vous tenir la main, mais ne la pas regardé.

Une belle, très jolie et toute petite fille.

Un nez parfait des petits yeux clos, des petites mains toutes froides.

Vous regrettez de ne pas l’avoir pris dans vos bras.

Vous n’en avez pas eu le courage.

 

Vous lui avez donné un joli prénom.

Qui n’a rien à voir avec les prénoms que vous aviez choisi depuis plus d’un an.

 

Et puis vous avez signé les formulaires pour qu’on l’emmène…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 – Sublimette et son fil qui claque.

Comme toute Femme enceinte qui se respecte, vous êtes un gros baleineau qui se traine depuis bientôt 22 longues semaines.

Votre grossesse est difficile, mais vous vous consolez en pensant que votre bébé lui va bien, confortablement installé au chaud au creux de votre ventre.

Voilà 3 semaines que vous commencez à le sentir bouger et surtout un peu plus d’une semaine que les nausées se sont arrêtées, vous rendant un semblant de vie, nettement plus confortable.

Mais vous passez tout de même votre temps à râler :

Vous êtes trop grosse, moche, vous avez envie de champagne et de cigarettes, vous ne pouvez plus faire 1heure de voiture sans être épuisée.

Vous arrivez maintenant pilepoil au milieu de votre grossesse et il va falloir tout doucement  penser à commencer à préparer psychologiquement l’accouchement.

Par étape, vous allez y arriver …

 

En tout cas, vous avez trainé la semaine dernière le Père de Votre Enfant chez Petit Bateau et acheté le premier ensemble de naissance :

Le body, sans manche pour le mois de juin, le petit gilet s’il a froid, le bonnet, les moufles en tissu pour ne pas qu’il se griffe, et surtout le petit doudou lapin.

Tout en blanc, puisque vous ne connaissez pas encore le sexe de votre bébé.

Et vous trépignez d’impatience, forcément.

Vous aurez l’écho du 5ème mois le 14 février.

Autant dire la plus belle Saint-Valentin de toute votre vie …

 

En attendant, vous avez rendez-vous pour une petite visite de contrôle avec Willy, votre sage femme génialissime qui vous suit depuis la conception de votre sublimissime BB.

Juste une visite de routine.

Suivit d’un cours d’haptonomie, qui vous fait râler à chaque fois, mais que secrètement vous adorez, car vous aimez voir le Père de Votre Enfant, toujours maladroit, essayer de jouer avec son bébé.

Bref, un jeudi soir ordinaire dans la vie d’une jeune femme enceinte.

Willy vous a d’abord reçu, il vous a un peu disputé parce que vous êtes trop stressée, vous a fait un arrêt de travail définitif jusqu’à l’accouchement, vous a fait monter sur la balance et vous a encore disputé pour les 14 kilos que vous avez pris en 22 semaines.

Vous avez un peu grogné, et il vous auscultée comme d’habitude.

Puis il a pris son petit appareil pour écouter le cœur du bébé comme d’habitude.

Et il n’a pas réussi à l’entendre.

Vous  avez fait une petite blague à la Sublimette en demandant si c’était la nouvelle couche de graisse qui couvrait le bruit.

Il a  souri, en disant que ça devait surement être ça.

Il vous a dit qu’on allait descendre à la maternité pour faire une vraie échographie, histoire de voir le pourquoi du comment.

 

Lui savait déjà,

Vous, vous êtes dit, comme une conne, que vous alliez connaître le sexe du bébé une semaine en avance.

 

Vous avez attrapé le Père de Votre Enfant qui attendait dans la salle d’attente et vous avez grimpé tous les trois dans l’ascenseur.

Vous avez commencé à avoir un doute.

Vous ne saviez pas quoi, une espèce de vague de terreur qui grandit en vous sournoisement, mais que vous avez chassée.

 

Vous vous êtes couchée  sur la table, vous avez eu l’impression que Willy prenait son temps, comme pour reculer le moment.

Il a mis du gel, a regardé, retourné fait bougé l’appareil dans tous les sens sur votre gros ventre.

Vous avez senti la main du Père de Votre Enfant serrer très très fort la votre.

Il est sortit et revenu accompagné d’une de ses collègues, qui entra, avec un sourire forcé.

Vous vous êtes raccroché  à la dernière lueur d’espoir qu’il pouvait subsister en vous.

La dame s’est assise, a pris l’appareil et à chercher votre bébé.

Tout doucement.

Attentivement.

Pour être bien sûre de ne pas commettre d’erreur.

Et puis, vous l’avez vu : le petit rictus du médecin qui traine à t’annoncer une  nouvelle merdique.

Et enfin, elle l’a dit :

Je suis désolée, je n’ai plus d’activité cardiaque.

 

Voilà. 8 petits mots, 1 petite phrase, qui vous pulvérise le cœur.

Une douleur que vous n’aviez jamais ressentie auparavant.

 

Dans la clinique, dans la rue, dans le quartier, dans Paris, dans toute la France, de partout, des millions de gens étaient à ce moment précis en train d’acheter du pain, de s’éngueuler avec leur boss, de faire l’amour, d’écouter la radio dans les bouchons, de se faire larguer, de rire, de faire les courses pour le diné de ce soir, d’attendre leur métro, de regarder Morandini, de se préparer pour un rendez-vous galant, de téléphoner à leur grand-mère, de courir au bois de Vincennes, de chanter sous la douche, de boire une coupe de champagne.

Vous, à ce moment précis, vous avez perdu votre enfant.

 

On vous a remonté dans le bureau de votre sage femme.

 

Vous n’avez pas bien écouté ce que disaient entre eux les médecins et le Père de Votre Enfant.

Dans un flou presque comateux, vous avez compris quelques bribes de mots :

Lexomil, provoquer l’accouchement, hospitalisation, péridurale, déclaration et livret de famille…

Vous, vous aviez les yeux baissés sur votre gros ventre, la bouche légèrement ouverte et vos mains posées en barrière de protection de fortune, dorénavant inutile.

 

Vous vous êtes dit que c’était juste un cauchemar, que les médecins s’étaient trompés.

Puis vous avez levé les yeux vers le Père de Votre Enfant.

A sa tête déconfite et son regard perdu, vous avez compris que vous alliez passer un week-end de merde.

 

Face à vous, dans le froid de ce jeudi de février, la tour Eiffel s’est illuminée.

Il était 21 H.

- Mais donc, ça veut dire que lundi soir, je ne serai plus enceinte ?

- Oui.

- Et je fais quoi après ?

- Vous vivez.

Ah, bon, vous allez vivre…

3 – Sublimette et la Confrérie des Chattes Eclatées.

Comme toute Future mère de famille respectable qui se respecte, vous faites maintenant partie de la grande Confrérie des Chattes Eclatées.

LA 2CE se compose de l’ensemble de vos copines Putafrangées, collègues de travail, femmes de votre famille, vagues connaissances ou illustres inconnues.

Toutes ont un point commun :

Vous faire comprendre que vous allez en chier.

 

Vos soirées Putafranges sont dorénavant très éloignées des célèbres soirées que vous organisiez à base de champagne et de trucs et astuces pour une fellation réussie.

Aujourd’hui, c’est  trucs et astuces pour éviter les petits désagréments de la grossesse.

Vous, par petits désagréments, vous aviez compris que vous auriez un léger mal de cœur entre 7h30 et 7H32 et qu’accessoirement, vous seriez fatiguée un soir par semaine.

Vous vous êtes faite avoir.

Comme une bleue.

Si vous aviez su, vous auriez adopté.

Parce qu’en fait, vous êtes un stéréotype à vous toute seule :78230887.jpg

Nausées matin, midi, soir ET nuit.

Mais vous ne vomissez pas, non vous gardez tout.

Vous avez déjà pris 6 kilos.

Vos seins ont explosé vos soutiens-gorge et vos tétons déchiquètent vos t-shirts les matins frileux.

Vous êtes déchirée de fatigue, MAIS vous êtes insomniaque.

Votre vessie, écrabouillée par votre utérus grossissant de jour en jour, vous oblige à aller faire pipi toutes les 5 minutes.

Et vous découvrez l’incroyable Hormone Power :

Vous vous mettez à pleurez juste parce que vous avez mis du mascara sur la paupière, le boulanger est fermé aujourd’hui, votre vernis est légèrement écaillé sur le troisième ongle de votre pied gauche, ou que vous avez oublié de faire tourner la machine à laver.

Imaginons l’improbable scène du matin où vous avez retrouvé le pare-choc arrière de votre Smart défoncé et posé sur le trottoir.

Une horreur de brutalité.

 sb10066593a001.jpg

C’est donc avec une abnégation sans faille que vous patientez vaillamment jusqu’à la délivrance de la fin du 3ème mois, c’est à dire dans 17 jours.

Parce que vos collègues de la 2CE vous l’ont garantie :

A la fin du 3ème mois, que du bonheur.

Vous ne comprenez pas pourquoi vos copines vous regardent avec un petit air ironique dans le regard en vous répondant :

« Mais oui Sublimette, plus que 17 jours ».

 

Vous devez tout de même avouer que l’expérience précieuse de vos copines est rassurante, voire amusante.

Copine Carole avec ses 2 accouchements chez elle, Copine Fiona, surprise le lendemain, qui n’a pas compris le mot épisiotomie lors de son accouchement aux États-Unis, Copine Céciel qui en vieille routière est un vrai guide du médecin et de la clinique parisienne,Copine Julie, primipare fraichement délivrée…

 

Mais avez-vous vraiment envie de partager l’expérience de parfaites inconnues ?

Vous n’arrivez pas à comprendre ce phénomène étrange d’impudeur sous prétexte que vous êtes enceinte.

Voilà comment une vague collègue de travail vous parle de ces hémorroïdes, la pharmacienne  de ses constipations monstrueuses pendant ces 4 grossesses, votre voisine du dessus de ses mamelons éclatés par l’allaitement…

Ou pire, le mari de copine Liline, qui vous raconte l’épisiotomie version 14 points de suture de sa moitié.

Et qui conclu par un :

« Non, mais en fait ça va quoi, c’est pas la mort non plus, faut pas exagéré ».

Vous lui répondez poliment, dans un élan d’amour propre que :

« Pas d’utérus, pas d’avis ».

 

Il y a aussi de grands moments d’échange familial :

Notamment avec votre Belle Maman.

Femme de tête à la froideur peu engageante qui a su trouver les mots justes pour vous rassurer quant à la fatidique épreuve qui vous attend dans moins de 7 mois.

Confortablement installées près du feu de cheminée, elle avec un whisky 7 ans d’âge, vous avec un verre de Volvic (oui, vous vendriez votre rein gauche pour une coupe de champagne) vous confiez à cette dernière vos appréhensions.

Elle vous raconta la boucherie que fut son premier accouchement, il y a 38 ans, sur l’ile de la Réunion, par son médecin qui en fait était accoucheur de chevaux.

Et puis que bon «  ça c’est quand même bien passé ».

C’est à ce moment précis qu’une admiration sans borne est apparue pour cette femme.10078504.jpg

Si elle l’a fait avec un vétérinaire, vous allez pouvoir le faire dans la très classieuse clinique privée à 350 euros la nuit qui vous accueillera le jour J.

 

Alors, puisque vous en êtes qu’au début de votre périple, vous allez vaillamment plastifier votre carte de membre de la Confrérie des Chattes Eclatées, et continuez bravement à écouter les récits imagés de toutes ces femmes qu’immanquablement vous imiterez dans quelques années …

 

 

 

2- La dernière coupe de champagne de Sublimette.

Comme toute Femme qui veut tomber enceinte qui se respecte, vous avez déjà prévu la façon dont vous annoncerez au Futur Père de Votre Enfant que vous êtes enceinte, quand vous tomberez enceinte.

p87d5691800x800front.jpgVous, vous avez largement eu le temps d’y penser puisque vous allez de déception en déception depuis des mois.

Vous aviez néanmoins prévu un truc un peu kitch, genre un body imprimé I love my dad (Oui, vous assumez votre côté Culcul la praline) offert lors d’un diner dans un restaurant honteusement cher et branché.

Malheureusement, vos tests de grossesse sont toujours négatifs et vous commencez à désespérer.

Particulièrement ce mois-ci puisque vous n’avez, d’après vos tests d’ovulation Clearblue (4 euros/test), même pas ovulé.

Le Futur Père de Votre Enfant, hors de lui, a même appelé la dame de Clearblue pour lui demander des explications : La dame de CLearblue (Claire, celle de la pub, avec son brushing impeccable) lui a gentiment expliqué qu’en fait il ne faut pas boire, ou alors pas pisser pendant la nuit ou alors que de toute façon, les femmes n’ovulent  pas 1 fois sur 13.67484287.jpg

Bref, que ses tests à 4 euros/test sont bidon .

Formidable.

 

Toujours est-il que vous SAVEZ que vous n’êtes pas enceinte ce mois-ci.

Et que vous allez avoir vos règles dans 2 jours.

Alors pour faire taire votre agacement et votre impatience, vous avez fait ce matin-là, à la va-vite, un test de grossesse.

Ça va être négatif et on n’en parle plus.

 

Vous avez donc fait pipi sur le bâtonnet.

Vous êtes devenue une pro du pipi sur le bâtonnet.

Vous savez viser, doser votre pipi pour ne pas faire goutter le long du bâtonnet.

Du grand art.

Et vous avez négligemment posé ledit bâtonnet sur l’évier de la cuisine, fait chauffer l’eau pour le thé, versé dans la tasse et laissé infuser.

Et vous êtes partie vous maquiller.

 

Vous l’aviez oublié.

Vous alliez vous saisir de votre tasse fumante, mais votre main est restée en suspend.

Votre cœur s’est mis à battre très vite dans votre poitrine.

 

Putain,

Putain, putain, putain.

Whou

Putain.

 

Un tout petit trait rose, à peine visible, presque rien.

Ça ne peut pas être ça.

 

Vous êtes montée dans votre Smart et partie au boulot.

Vous avez ressorti le test toutes les deux minutes.

Vous avez changé d’angle de vu : lumière des phares, lumière du soleil, lumière du bureau, lumière du couloir…

Pas de doute il y a un léger trait rose.


Vous vous êtes dit qu’il fallait, sans trop vous emballer, prévenir le Futur Père de Votre Enfant.

Vous lui avez envoyé un sms lui demandant de vous rejoindre là tout de suite maintenant dans votre bureau.

Note à caractère informatif :

Oui, vous travaillez, allez bientôt vivre et faire un enfant avec le même homme.

Un pari plus qu’audacieux, vous en êtes consciente.


Il vous a rejoint.

La situation vous échappa :

Alors que vous vous étiez promis de calmement lui faire part de votre découverte à peine sûre (un léger trait rose), vous lui avez brandi le test plein de pipi sous le nez en hurlant : JE CROIS QUE JE SUIS ENCEINTE.

C’est là que se produisit un phénomène troublant.

Pour la première fois de sa vie, sous vos yeux ébahis, le Futur Père de Votre enfant paniqua :

Il s’assit, se releva, se ré-assit :

- Ah, ok, bon, c’est pas grave.

- Bein non, c’est pas grave…

- Bon, ok, ça va bien se passer.

- Bein oui…

- Ok, bon, on s’y attendait quand même…

-Bein… depuis un an…

-ok, bon, bon, ok…

 

D’un commun accord, vous vous donnez rendez-vous le soir même chez vous pour refaire un autre test.

À 19 h, la vessie pleine, prête à exploser, vous l’attendiez en vous tortillant.

Quand il arriva, sans échanger un mot, vous êtes allée vous enfermer dans les toilettes avec le test Clearblue digital (celui à 18 euros le bâtonnet, oui, vous aimez donner de l’argent à Clearblue)

Vous avez (encore) fait pipi sur le bâtonnet.

Il ne fallut que quelques secondes pour que votre vie ne change définitivement.

images.jpg

Et voilà comment vous vous êtes retrouvée avec le Père de Votre Enfant devant ce qui fut votre dernière coupe de champagne, que vous avez longuement dégusté avec votre dernière cigarette.

 

Le bonheur,

c’est simple comme un pipi sur un bâtonnet ClearBlue …

 

 

 

 

1- Sublimette perd son glamour.

Comme toute Célibataire Parisienne de plus de 30 ans, vous vous rendez compte qu’avoir 30 ans, c’est juste le meilleur moment d’une vie.

Vous venez de passer une décennie à faire ce qui vous plaisait et vous venez de rentrer d’une année sabbatique où vous avez fait ce qui vous a plu, mais sous le soleil de l’hémisphère sud.

Vous êtes belle, presque mince, propriétaire d’un charmant studio dans le XXème branchouille, vous êtes riche (enfin vous allez-vous renflouer très prochainement, votre retour en France ne s’étant pas forcément passé comme prévu) vous avez un super job, vous avez toujours une poitrine plus qu’arrogante et à peine l’esquisse d’une ride.

Bref, rien ne manque à votre bonheur.

Presque rien.

 

Lui, fraîchement divorcé après 10 ans de vie commune,

Vous éternelle célibataire et insatisfaite.

Votre meilleur ami depuis des années.

Vous vous complétez parfaitement.

Lui + vous, une dream team.

 

Ça s’est passé au lit, il y a un an, un soir de débauche après une soirée plus qu’arrosée.

Il vous a dit « j’ai envie d’avoir un enfant avec toi »

Vous avez dit « Oui »

Pas parce que vous aviez envie d’avoir un enfant. Mais parce que vous aviez envie d’avoir un enfant avec lui.

 

C’est là que commença le long parcours de la conception de Sublimissime BB.

Pour vous avoir un enfant c’était simple:

Vous êtes une femme, vous avez vos règles tous les 28 jours depuis une quinzaine d’années, et approximativement, au milieu, vous ovulez. Vous pensiez qu’en 1 mois, allez peut être 2,le temps de s’échauffer, l’affaire allait être pliée.

taux.gif

En fait pas du tout.

Vous ne pensiez pas que votre body était aussi compliqué.

Déjà, vous ne le saviez pas, mais vous êtes loin, très loin d’être réglée comme une horloge suisse.

Des mois à 27, des mois à 35.

Ensuite vous étiez persuadée de SAVOIR lorsque vous ovuliez.

Mais non.

 

Après moult tentatives infructueuses, chaque mois vous deviez vivre la  fameuse déception de la culotte tachée.

Seules vos consœurs en mode conception peuvent comprendre le grand moment de désillusion quand vous espérez pendant 15 jours et que  boum, inlassablement, vos règles débarquent.


Vous avez donc décidé de prendre les choses en main.

Et de trainer le Futur Père de Votre Enfant chez Willy, sage femme ultra réputé de la rive droite.

Willy maitrise bien son sujet et  vous expliqua comment reconnaître les signes de l’ovulation :

Température qui baisse, irritabilité et glaire cervicale qui change.

Ah.

Bon.

C’est à dire ?

Vous avez vu le Futur Père de Votre Enfant blêmir.

Willy développa,cervicalmucus1.jpg

Il faut  juste ramasser vos petites pertes au fond de votre culotte : 

Quand ça colle entre les deux doigts c’est que vous ovulez.

Ah.

Vous vous sentez obligé de surenchérir :

« Un peu comme du gel effet mouillé ? »

Oui, apparemment c’était bien ça.

Le Père de Votre Enfant tourna carrément de l’œil.  

 

Vous êtes ressortie de là en mode machine de guerre :

Thermomètre dans le cul au réveil

+

Pipi sur test d’ovulation Clear Blue (4 euros /test) tous les matins

+

Examen de la (fameuse) glaire cervicale.

 

 

Voilà comment le glamour

a progressivement disparu de votre vie …

 

 

 

 

 

 

 

 

 



OF radio production |
blagues |
vos anecdoctes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | anna34
| bougerprovoqueundeplacement
| mistersetkaracnaha